Confusion des Genres

2012-Confusion des genres-web Installation sur deux séchoirs à linge évoquant le séchage d'une lessive de 14 torchons, brodés de croquis représentant des outils divers et la quincaillerie assortie. Broderie au fil rouge. Les torchons sont en lin, métis et coton. Ils proviennent pour la plupart du trousseau familial mais aussi d'autres trousseaux anonymes. Porteurs de mémoires de vies révolues, ils sont tous usagés, certains tachés et d'autres reprisés. Fanny Viollet, enfant, déteste le monde des travaux féminin et n'a d'envie que pour l'outillage de l'univers masculin. À ses yeux c'est un autre espace auquel les femmes ne semblent pas avoir accès. Adulte, lorsqu'elle s'engage dans la voie de la création artistique, elle prend délibérément pour toile son linge et les vestiges du trousseau familial. Elle abandonne les outils traditionnel de l'artiste. L'aiguille devient spontanément son pinceau ou son crayon et les bobines de fil remplacent les tubes de couleurs. Dans le champs artistique, 30 ans après, l'antagonisme masculin-féminin s'est adouci et on commence à pouvoir laver doucettement son linge sale en famille.
Dans Confusion des genres, l’installation de Fanny Viollet, on retrouve les accessoires du bricoleur sous forme de motifs brodés sur des torchons de cuisine étendus sur séchoir. Leur sobriété graphique est non sans rappeler les illustrations des guides de montage de meubles ou des modes d’emploi d’outils. Pourtant, le choix du fil rouge qui répète la couleur des bandes droites, seules ornements initiaux des torchons, font de ces scies et tournevis des sujets des plus décoratifs. Les bons vieux torchons en lin nous renvoient à une époque où la répartition des tâches entre les hommes et les femmes fut incontestée. La serpillière et la tapette à tapis auraient-elles alors été les outils de la femme, avec lesquels il lui était admis de façonner son univers ? Le fil et l’aiguille, ses instruments d’expression ? Rêvait-elle peut-être plutôt des marteaux et des massettes, pendant qu’elle faisait une lessive ou un repas de plus ? Dans l’installation de Viollet, on sent que le questionnement sur la connotation sexuée des travaux domestiques (d’ailleurs sous-jacente dans quelques unes des autres oeuvres exposées), est abordé avec espièglerie plutôt qu’avec âpreté. Bref, avec ses dix autres oeuvres, l’exposition propose autant d’approches, de techniques et de matériaux différents. Et une intéressante petite pause dans le tohu-bohu du magasin historique. Source : http://blog.oiva.fr/actualites/les-exploratrices-au-bhv