Écrire c’est jouer avec des lettres, broder c’est faire de la dentelle avec des mots.
Au tout début des années 90, m’arrive entre les mains une drôle de matière. Une sorte de film plastique qui se brode comme un tissu mais qui, passé dans l’eau, disparait totalement, ne laissant que le réseau de fils brodés. (*). Très vite, j’imagine cette combinaison : piqué libre sur support soluble. Je vois alors s’ouvrir tout l’univers de la « dentelle à l’aiguille » ou de la broderie 3D. Je n’aurai de cesse d’y créer des lignes d’écritures « flottant » dans un espace quasi imatériel.
(*) C’est, en fait, une sorte de gélatine soluble. Au siècle passé, d’autres supports existaient déjà, disparaissant à la chaleur ou dans différents produits chimiques, tous exploités avec des techniques de broderie industrielle.

